Critique Littéraire pour radiocampus Angers ... Tobie des Marais de Sylvie Germain

Critique Littéraire pour radiocampus Angers ... Tobie des Marais de Sylvie Germain
« Tobie des Marais »
Roman de Sylvie Germain

« D'un coup le ciel se minéralisa, il se fit schiste bleu de nuit. », ainsi commence ce roman... comme un monde qui se crée. Et par son écriture, c'est en effet le monde que Sylvie Germain réenchante, selon les mots d'Alain Schaffner 1, remaniant le récit biblique du Livre de Tobit à la sauce mystico-poétique, faisant se croiser, s'entrecroiser et se rencontrer ses personnages avec une grâce et une simplicité incroyable. Tobie des Marais, c'est en effet l'histoire de personnages déroutés voire brisés, qui soutiennent leur frêle édifice avec peine, qui ruminent, qui attendent et qui s'éveillent comme par magie pour aller bouleverser leurs existences, renaître ou bien s'éteindre à jamais, mais toujours avec une formidable force !

Empreint de poésie, ce livre où un homme cherche en vain la tête de sa femme, où un petit garçon s'en va au diable et une arrière grand-mère enterre ses morts dans un pot de terre cuite nous révèle, au-delà de la beauté trop souvent oubliée d'un monde, des questionnements profonds sur les origines de chacun, sur l'Histoire et la psychologie, mais aussi sur la foi au présent, sur une spiritualité perdue. Thème sur lequel l'auteure continuera d'ailleurs de s'interroger dans ses ½uvres suivantes. Mêlant violence et tendresse, Tobie des Marais aborde l'existence avec optimisme et ouvre de nouvelles perspectives. « [...] et son rire s'envole dans la nuit [...] il tourne au ras de ciel pour demander à Dieu si les choses, vraiment, ont le droit d'être comme ça. Et les Hélianthes [...] dispersent leurs pétales comme autant de points d'interrogation dans le vent nocturne. », comme autant de mots égrenés par l'auteure, dont il ne tient qu'à vous de découvrir.

Jüli-terre air
Journaliste chroniqueuse

Tobie des Marais Sylvie Germain, édition Gallimard, collection Folio.

Notes :
1. article d'Alain Schaffner, professeur à l'université de Picardie le réenchantement du monde, « Tobie des marais » de Sylvie Germain, dans Le Roman Français au tournant du XXIème siècle.

# Postato sabato 15 novembre 2008 10:58

Modificato sabato 15 novembre 2008 11:14

Toujours sur le même thème ... issu d'atelier d'écriture de ma semaine d'intégration !!!

Toujours sur le même thème ... issu d'atelier d'écriture de ma semaine d'intégration !!!
Poème écrit avec des mots crées à partir du mot Apocalypse. Lesquels ? 



Calypso s'avance et sape le moral
A qui passe un appel de son palace
Son c½ur est sec ses yeux de lys
She fly(ies) into the space
Et palpe les pôles de ce monde
Play déesse en cape au bord du lac !
La ley s'occupe de ton cas
En cale tu finiras
Là est ta place sous le sel de la mer
Làs ! apposé à apo
Sale salope
Calypso sème l'apocalypse


Jülie
dessin de Misstigri

# Postato venerdì 03 ottobre 2008 16:10

Apocalyptique écrit....

Apocalyptique écrit....
La lune était pleine ce soir-là, une étrange lumière obscure filtrait à travers les volets mi-clos. Rien ne venait sur la page blanche, qui s'étalait languissante sur le bois sombre. Ce blanc l'aveuglait, lui irritait les yeux, repoussait son regard ... et sa main.

Yeux vairons verre brisé
Os ostensibles et hostils
Plus de rire ni de voix
Où l'apologie-calypse arrive

Les vers, d'un trait, avaient été jetés. C'était un cri, une bourrasque qui s'élevait du c½ur et de l'esprit. De son c½ur. De son esprit.

Apocalyptico-dramaturgiques liturgies
Gisant là les morts énamourés
Dans un charnier dansant


Ses morts à lui gisaient là sur le lie de son âme. Nausée permanente et asphyxiante. Combien en avait-il vu mourir ? Combien en si peu de temps de vie avait-il vu partir ? Aujourd'hui il ne pouvait plus porter seul ses souffrances et ses deuils. Il devait enfin rendre leurs voix aux défunts. Les ressusciter un instant pour délier son c½ur et son âme. Ouvrir au monde ses milles plaies qu'il portait en lui, ces milles cris. Cette brève renaissance des morts était impérative. San elle, il ne pourrait pas vivre. C½ur trop vide ou trop plein. Pleins de cris et vide de joies. Les mots tombaient secs et justes comme des notes de musique. Sa symphonie funèbre commençait, son corps se relâchait, son souffle ralentissait. Ces mots étaient lumière, lumière du phare qui le sauvait du naufrage. Leur troublante obscurité pourtant, couvrant la feuille blême, l'impressionnait. Il était trop tard. Tout avait commencé, il devait l'achever...pour lui et pour ces morts demandant justice.

Et pourtant cendres sur leurs têtes
Lumière illuminant hallucinante
Vint les couvrir couvre chef



Jülie

# Postato sabato 27 settembre 2008 05:40